Anatole lebreton

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Les parfums Anatole Lebreton, « L’ Eau Scandaleuse » et « Bois Lumière« , très confidentiels et distribués au compte goutte du parfumeur en herbe sont à Rouen.

Anatole Lebreton, ce n’est pas son vrai nom et il n’a pas de visage. Aucune chance de voir ses parfums en boutique : il n’est référencé nulle part. Avant de se procurer l’un des rares flacons de ses créations olfactives, on sollicite et on attend…

L’Eau Scandaleuse : une tubéreuse arrogante (aux notes de jasmin, ylang, bergamote et pêche), habillée d’une robe fourreau en cuir (sec et tendre , animal et racé) et tirant sur son porte cigarette qui sature l’air d’une fine fumée. Outrageusement indécent. Délicieusement provocateur.

« Une amie italienne m’a fait remarquer que je n’avais encore rien écrit sur Bois Lumière. Mais où avais-je donc la tête ! Dans un buisson de chèvrefeuille sans doute, butinant au gré des promenades dans les collines et les calanques provençales. Car c’est bien là que tout à commencé pour Bois Lumière : le nez collé sur les immortelles qui cuisent au soleil. 
 
Je cherchais depuis longtemps à créer quelque chose autour du miel. J’avais bien essayé de l’associer à de la rose mais cela ne marchait pas vraiment. Le déclic vint donc d’une absolue immortelle absolument renversante que je testais un peu par hasard. Quelle claque ! Cette matière est d’une telle richesse, de la réglisse au curry, du bois au fruit, de la poussière au vert sombre, du sucré à l’amer : un bijou. J’avais enfin le lien entre l’animalité salive du miel et de la cire d’abeille avec le fruité confit boisé du l’absolue fir balsam et du genévrier nain corse, beaucoup moins aromatique que ses cousins. 
La structure du parfum était née, restait à l’habiller. Ou pas. 

Car c’est un parfum d’été à se prélasser nu sur un rocher avec la mer à proximité pour un plongeon salutaire. Un paysage buriné de garrigue prête à s’enflammer, une épaisseur de l’air, de la chair chaude qui se prélasse sur les tomettes. 
De la lumière, beaucoup, à faire plisser les yeux, éblouissante et le bois, résineux et craquant. 

Certain(e)s y entendent le  sifflement du percolateur et du café qui coule,  avec même une lichette de gnôle pour l’épicer, d’autre le chocolat torréfié. C’est d’une gourmandise un peu âpre, pas indulgente, l’immortelle ne se laisse pas facilement dompter. 

J’aime son moiré à fourrure chaude de félin qui sommeille dans les hautes herbes, ses accents d’épices crépitantes et surtout sa longévité : il s’étire pendant des heures sur ma peau. L’hiver il réchauffe et emmitoufle avec beaucoup de tact et transporte mine de rien vers des contrées au climat plus clément. 
Je suis très fier de Bois Lumière et d’avoir réussi à capturer un peu de la luminosité si particulière du midi. «